Le destin est une fleur qui se sème d’espérance. Damien est
silencieux, mais reconnaissant devant cet homme qui le conduit à sa demeure. Le
propriétaire n’a pas posé d’autre question que l’adresse à laquelle il
souhaitait se rendre. Une fois informé, il se tut sans plus. Pourtant, Damien
avait tant de questions à poser. Mais elles ne prenaient pas la porte de la
sortie, mais davantage celle de l’exil vers le passage de l’oubli.
Le 4X4 est modeste tant dans son habitacle que dans son
confort. Damien ressent le cahotement de la route. La suspension n'offre pas tout le luxe qu'il espérait après tout ce temps passé dans l'autobus. L’intérieur de la voiture est tout de noir
recouvert, l’espace qui l’entoure est sombre. Seuls les témoins lumineux verts et oranges de la console
se jouent de la nuit en offrant leur pauvre reflet. La radio ne semble pas vouloir rompre ce silence qui pèse
sur eux. Son compagnon est concentré et fixe la route sans en détacher le
regard. Il est vêtu simplement, sans artifice d’un jean noir et d’une chemise
de la même couleur. Ses cheveux bruns sont courts, coupe classique pour un
homme qui le semble tout autant.
Pour casser cette ambiance, Damien tente une question bien
simple.
— C’est encore loin grand Stroumph? Accompagné d’un sourire
qui se veut amical.
— Plus très, plus très.
Et déjà ce silence qui reprend la route, cette accalmie était
de courte durée, un peu trop au goût de Damien, mais qu’importe.
D’ailleurs, le chauffeur engage un clignotant en lui
indiquant qu’il est maintenant le temps de descendre.
—
Je ne peux aller plus loin. La rue des trèfles
est tout près. Poursuis ta route sur la principale et tourne à gauche sur
Larochelle, puis à droite. Ta maison se trouve au bout de la rue. Bonne route
et bonne chance l’ami!
Sans attendre la réponse, la camionnette reprend sa route
vers une autre destination. Une question se pointe dans sa tête, mais pourquoi
est-ce qu’il ne peut aller plus loin?
Le vent est doux et chaud, ébouriffant légèrement ses
cheveux. Il fait chanter les feuilles des arbres à proximité. La lune caresse
la nuit de sa blancheur candeur. Quelques étoiles l’accompagnent dans son tour
de garde. Le clocher tranche le ciel de sa croix élimée. Les quelques rares
lampadaires diffusent une lumière jaune dans un nuage de moustiques qui l’accompagnent.
Il hésite à avancer, il ne veut pas rompre le charme de cette première
rencontre. Il est bien et se sent bien. Palpant de sa main le revers de sa
poche gauche, il se conforte dans l’idée que la clé de sa nouvelle vie y est
bien en place. Rassuré, il ferme les yeux et hume le parfum frais de la
campagne. Les rues abandonnées invitent à la marche, alors, sans se faire
prier, il chemine vers sa demeure. Tout est vide, seules quelques lumières
trahissent la vie dans les maisons qui occupent la rue principale. Des couche-tard
pense tout haut Damien. Les habitations sont rustiques et des bouquets de
fleurs ornent les lumières de rue. Des bégonias rouges accompagnés de graminées,
peut-être des pennisetums… qu’importe, l’effet est joli!
Le trottoir est impeccable, aucun déchet sur le sol ni
papier. Puis, sur au sommet d’une tige verte en fer forgé, un écriteau
indiquant que la rue qui naît se nomme Larochelle. Déjà se dit-il.
Ici, nulle lumière que son instinct pour se guider avec l’aide
bienveillante de l’astre nocturne. Une autre tige au nom dressé s’offre à
Damien. Rue du trèfle à quatre feuilles. Arrivé il est… Un frisson le secoue
étrangement. Puis un autre et puis, plus rien. Sans l'explique, il sent le besoin de se presser à présent...
Premier commentaire du chat : Tu nous plonges dans un suspens... Haletant !
RépondreEffacerAu suivant...
Merci Gente Dame!!! Par chance que tu as su me donner un coup de patte!!! Merci et oui, au suivant!!!
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