Ca y
est une idée a jailli de la tête de mon paternel.
-Et
si on faisait une fête des voisins ?
Il y
eut un silence, ma mère est restée avec la cuillère et la fourchette à la main
au dessus du plat de spaghettis et moi mon assiette tendue. Elle a tourné ses
yeux vers moi, je l ‘ai regardée, les couverts n’ont pas bougé de place, comme suspendus.
-Maman…
-Oui
mon chéri, excuse moi. Mais Robert, la fête des voisins c’est en juin.
-Je
sais mais en Juin, les nouveaux arrivés n’étaient pas là et d’ailleurs nous
n’en avons pas organisé.
-Pas
plus que les années précédentes… Ecoute, on n’est pas bien tous les
trois ? Pourquoi veux-tu que nous invitions tous ces gens. Et puis d’abord
on ne les connaît même pas.
-Justement
c’est l’occasion, et puis on n’invite pas. Tout le monde se réunit, amène un
plat, un dessert, une bouteille, on partage.
-Et
on fait ça où, dans le jardin ? Pour
qu’ils piétinent mes fleurs, qu’ils dégueulassent mon entrée pour aller aux
toilettes.
-Salissent
-Quoi
salissent ?
-Pas
dégeulassent , salissent
Moi
j’attendais avec mon assiette vide, la femme de Robert, ma mère donc, avec ses
couverts vides semblait attendre, elle aussi. Les quelques spaghettis prisonniers étaient retombés
dans le plat. Le temps était comme suspendu.
-Maman ?
-Oui
ça va, je te sers.
Les
pates ont atterris dans mon assiette comme on donne la pâté à un chat qui
réclame
-C’est
froid
-Adresse-toi
à ton père… Tu sais où est le micro ondes ?...
Je
savais. J’ai quitté la table, bien décidé à manger chaud. Dans la salle à
manger la discussion avait repris. Cette fois-ci mon père ne lâchait pas…
-Les
voisins c’est important en cas de coup dur. Et puis pas seulement, on ne peut
pas vivre repliés sur nous même.
J'écoutais et je
sentais les remparts de ma mère s'effondrer les uns après les autres. Moi j’aime
bien l’idée d’un « truc » tous ensemble. J’ai vu la nouvelle
voisine l’autre fois avec son chat noir dans les bras. J’aurais bien voulu
qu’elle vienne jusque là. Je m’ennuie.
Au collège les copains disent « je
m’emmerde » mais prononcer des mots comme cela ici c’est carrément interdit. Oh, mes parents ne me puniraient pas, mais j’en entendrais
parler des jours et des jours. Ma mère mettrait ma grossièreté sur le tapis dès qu’elle verrait une connaissance
au supermarché si j'ai le malheur d'être avec elle. Ces jours-là, les caddies les rayons de conserves ou de viandes sous cellophanes deviennent un tribunal. Je sens sur moi tous les regards réprobateurs des
parents devenus auditoire pour ma chère maman. La conversation commence sur mon dos, mais je ne sers que d'excuse. Après
trois minutes, mes écarts de conduite, les emmènent indubitablement aux failles
de l’éducation nationale « vu ce
qu’on leur laisse faire à l’école » et en fin de conversation ça finit invariablement
sur les pesticides si on est pas loin du rayon fruits et légumes. Je vois le jour un une matrone me rendra responsable des cinquante traitements fongicides sur les pommes.
Quand
je suis revenu à la table, un compromis
semblait avoir été trouvé. Mon père s’est adressé à moi.
-Ta
mère vient d’avoir une magnifique idée, c’est toi qui iras voir les voisins
pour leur proposer ce repas en commun. On utilisera la rue, j’irai voir le
maire pour lui demander l’autorisation. Qu’en dis-tu ?
J’ai
regardé ma mère, elle avait les lèvres pincées et fixait son assiette vide, mon
père avait le sourire triomphateur.
-
Je fais ça quand Papa?
-
Dans quelques jours, le temps que je passe à la
mairie
-
Et « ce truc » ce sera quand ?
-
Ce
« truc » est un repas en commun, je rédigerai sur une feuille
ce que tu auras à dire. Allez va chercher les yaourts.
Je viens avec une quiche maison et une bouteille de Bordeaux !
RépondreEffacerBonne idée de réunir les habitants autour d'une même table en toute convivialité... à moins que cela ne dégénère... allez savoir avec ces auteurs indisciplinés et inventifs !
héhéhé! Il faudra tondre et préparer la rue pour y accueillir ses occupants! Je m'occuper des jardinières et des balconnières! Et pourquoi pas quelques cervoises!!!
RépondreEffacerOuf... Avant de partir me décompresser, et le cerveau, et le corps... J'ai eu le temps de passer dans ta rue Jacques. Et (ouais je sais que t'aime pas quand on commence une phrase par "et", mais que veux-tu ? Il n'est pas facile de changer le chat... Tiens ? Serait-ce l'un de mes nombreux défauts ?)... Donc... Et j'aime bien l'idée de se réunir autour d'un verre. Bien que je saches déjà que ça ne va pas plaire, mais alors pas du tout, à mon Pierre. Une lecture agréable, comme toujours... Mais attention aux répétitions Jacques, attention aus répétitions (clin d'oeil).
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